Une couverture à tomber… sauf pour les lépidophobes !

L’auteur nous emmène en 1963 : Elfrieda Buitink-Tendeloo, dite Frieda ou Ida, patine sur les eaux gelées du Waal. Elle rencontre Otto.. Elle tombe sous le charme mais cet homme est marié. Ils entament une liaison même si Otto ne veut absolument pas quitter sa femme… Certes, dans ces années-là, cela ne se faisait pas… Ce qui devait arriver, arriva : Frieda tombe enceinte. Et son calvaire commence.
La sage-femme que je suis fut très émue par ces chapitres où il est question de maternité, d’une dureté incroyable, d’un manque d’humanité inouï… et pourtant. Ces chapitres sont saisissants.
Le roman est écrit en double temporalité, où Frieda, devenue octogénaire a perdu Louis, son mari, subitement et va devenir grand-mère. Elle a quelques airs de tatie Danielle et le lecteur comprend au fil des pages le pourquoi du comment. J’ai peu goûté aux passages sur la vieillesse et l’accompagnement du grand âge à l’EHPAD que j’ai trouvés un peu cliché, sans grande profondeur, ni sa relation avec Tobias. Un regret.
L’écriture est très simple, le livre se lit facilement, est addictif. Les premières pages de la rencontre avec Otto sur la glace sont très belles. J’ai cependant eu du mal à m’attacher à Frida, ses réactions et comportements étant parfois insolites. Et Otto ? Á découvrir.
J’ai beaucoup aimé la symbolique du cactus de Noël.
Il est question de la société des Pays-Bas, de conditions de la femme en 1960, deuil, mémoire, secret de famille, adultère, grossesse hors mariage, maternité, vieillesse.
Un roman intéressant, dont certains chapitres se lisent en apnée. Un portrait de femme. Sans être un coup de cœur, je vous recommande ce livre écrit par un auteur néerlandais que je ne connaissais pas du tout.
Au crépuscule de Jaap Robben
416 p – 2024 – Editions Gallmeister